|
TOKTEN Dans le Monde
Bien avant la guerre, le Liban était considéré comme un pays d’émigration.
L’émigration de libanais à l’étranger eut lieu en étapes successives depuis le 19ième siècle. Ces vagues d’émigration se concentrèrent au début vers l’Amérique, l’Afrique de l’Ouest et l’Australie. Depuis 1960 l’émigration libanaise a été partiellement redirigée vers les pays producteurs de pétrole du péninsule arabe.
Le début de la guerre en 1975 résulta en une émigration massive. On estime que l’émigration nette durant la période 1975-1990 s’élève à environ 900,000 personnes, soit le tiers de la population totale. De cette émigration, on estime qu’environ 40 % s’installèrent dans les pays Arabes du Golfe et le reste, essentiellement les jeunes Libanais professionnels, se dirigèrent vers les pays développés technologiquement tels que les Etats Unis, le Canada, la France et quelques autres pays Européens.
L’émigration intense nette qui eut lieu durant la guerre ne pouvait que modifier le profil démographique et social du pays. En effet, les hommes constituaient la majorité des émigrés durant cette période (85%) et cela s’applique à toutes les catégories d’age de la population. Il en suivit un déclin de ratio de sexe de la population active reflétant l’émigration en nombre supérieur des hommes. L’émigration affecte d’avantage le segment qualifié et professionnel de la population active. En effet, 47 % de la population active de l’émigration appartiennent à cette catégorie. Le ratio est sept fois supérieur à celui de la population totale.
En d’autres termes, l’exode des libanais durant la guerre a été non seulement massive mais il inclut une plus grande proportion d’individus hautement qualifiés constituant ainsi une fuite de cerveaux phénoménale.
La latitude des libanais à émigrer reste élevée surtout en vue du ralentissement économique prévalent et du taux élevé de chômage. Dans l’absence de statistiques officielles, les estimations varient et le chiffre d’exode de plus de 100,000 personnes par an dans la dernière partie des années 90 est considéré comme plutôt conservateur.
La jeunesse libanaise qui constitue plus du cinquième de la population et presque un tiers de la population active est affecté disproportionnellement par la migration internationale. La plus grande proportion d’émigration des dernières années appartient au groupe d’age entre 25 et 29 ans suivis par la section d’age 20 -24. Puisque les jeunes atteignent désormais un haut degré d’éducation rapidement, la migration internationale est en train de devenir plus un exode des cerveaux qu’une migration de mains-d’oeuvre qualifiées ou semi-qualifiées.
|
|